Poésie saisonnière
Changement de temps

Changement de temps

Le ciel se moutonne, d’un bleu il rassemble son troupeau formant un chandail gris. Les pluies sont proches, la température a pris un coup de froid. Punaises, ça pique.

C’est calme. Malgré cette faible activité, il y a des verrues vivantes sur les fleurs fanées de plantago média. Elles sont blanches ou poilues à 8 pattes, elles sont immatures ou au repos.
A quelques pas, certaines esseulées, peu vivaces, font le guet. Je m’approche et même si hier je les ai déjà rencontrées, ces mouches, ces tachinaires, mes alliés, je les trouve merveilleusement belles.

Je suis à chaque fois émerveillée par cet univers monochrome dominant en ce moment. Et quand un bleu apparaît, comme une trouée dans un ciel ténébreux, il est facile de le trouver plus attrayant, on s’approche, de maladresse ou trop opportuniste, il me fuit, il a raison.

Je fatigue, je siège sur une pierre asséchée, les origans sont présents, les érigerons annuels également mais je découvre une fleur que mon œil avait ignoré longtemps ou vient-elle de lever sa dormance depuis pas si longtemps. Je ne sais pas. J’apprécie ce rose qui me rappelle la bruyère cendrée de Bretagne. Je ne m’imagine pas que c’est une parente de l’orobanche, elle est de la même famille, une semi-parasite, la coquine.
On l’appelle euphraise ou odontite. Je n’ai pas pris le temps de mieux la connaître. Serait elle la tardive ou celle de printemps. Je ne sais pas. Mais ce rose finalement remplit ce temps triste et gris.

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