Balade végétale
L’ortie plus pour longtemps … ça vaut un détour piquant

L’ortie plus pour longtemps … ça vaut un détour piquant


Elle est amusante cette plante. Elle n’a rien d’une belle, rien d’un réconfort, ni exubérante, ni volubile, elle est verte, piquante, débordante souvent.

Et pourtant, elle est de ces vagabondes de jardin, de l’urbain, de l’entrée en forêt, de la clairière, de la matière organique, celle pour qui on écrit des livres, celle que l’on cuisine, celle que l’on dessine, celle qui de son 1er défaut est très vite pardonnée.

Elle est frileuse l’ortie, dès les premières gelées, elle devient marron, noire, avachie à terre, elle fond dans son sol souvent noir de vert. Je l’attends déjà, en ce retour de printemps où j’aime la regarder, j’admire ses ampoules comme celles que je cassais très jeune au déjeuner remplies soit-disant de magnésium.

J’aime regarder les arthropodes totalement indifférents au danger d’une rupture de cette ampoule en silice prête à déverser l’histamine urticante qui nous rappelle son effroyable colère. J’aime ces fleurs plongeante comme des cordes invitant le grimpeur à la visiter avec pudeur.

Les feuilles jouent avec le soleil certaines parfois nous montre notre reflet carencé. Elles chuchotent la forêt, elles dansent avec le vent, elles embrassent le sauvage.

Je profite des dernières protégées du gel pour ramasser les feuilles du sommet et m’offrir une dernière soupe afin de garder cette note ensauvagée d’un vivant en bouche.

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